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Le Bureau Détonnant, Data, l’Embobineuse, les Grands Terrains, le GRIM, l’Improbable, Katatak, Live In Marseille, le Poste à Galène présentent

CHHHHHUT – DU 8 AU 29 OCTOBRE 2011 – Marseille

Art-cade, Galerie des grands bains douches de la Plaine, l’ Embobineuse, Enthröpy,
les Grands Terrains, La Machine à Coudre, Le Poste à Galène, Cinéma Les Variétés…

Édito

Des rencontres noise à Marseille  ? Cela peut surprendre. Cette ville, bruyante et chaotique, n’est pas reconnue pour ce type de sons. Pourtant un courant underground et sonique parcourt la cité phocéenne depuis longtemps. En témoignent des groupes comme Kill the Thrill qui délivre sa musique obsessionnelle depuis 1989 ou le label Pandemonium qui a marqué la diffusion des déflagrations bruitistes de ces années là.

Depuis, loin des projecteurs, cette scène se perpétue, se construit, évolue. Des groupes, des associations, des salles de concerts n’ont jamais lâché l’affaire. Cela explique que Marseille n’est pas passée à côté du renouveau noise touchant l’Hexagone depuis quelques temps. Ils sont trop nombreux pour être cités, mais une bonne part se retrouve dans Chhhhhut.

L’écumeur de concerts qui écrit ces lignes en est témoin. Les acteurs, ou plutôt les activistes, portent à bout de bras cette effervescence, la nourrissent, la font vivre. Du coup, il n’a pas fallu plus que quelques discussions enflammées par la jubilation post-concerts pour convaincre tout ce beau monde de se réunir, tchatcher et mettre en place une initiative commune autour de la culture noise. Évident ? Facile ? Que nenni. Car au sein de cette dizaine de structures, chacune a son histoire, ses pratiques, sa philosophie. Entre les partisans d’une culture Do it yourself, ceux qui estiment que l’argent public doit soutenir les cultures alternatives, les bénévoles, les salariés, les pointilleux (élitistes ?), les plus ouverts (mainstream ?), les discussions furent passionnées. Passion qui, au final, engendre ces rencontres. Dans ce milieu culturel où les projets se montent souvent grâce à des demandes de subventions, cette fois le choix a été fait d’aller collectivement au bout de cette initiative avec les moyens du bord. C’est-à-dire souvent pas grand chose, la débrouille habituelle. Celle qui, alliée à l’envie et à l’énergie, fait vivre la musique dans cette ville aux politiques publiques que l’on souhaiterait plus investies auprès des acteurs de terrain. Nous y avons ajouté la mutualisation des moyens, des réseaux, des connaissances pour obtenir Chhhhhut. D’ailleurs vous remarquerez que le festival est nomade, prouvant qu’il n’y a pas qu’un seul lieu, une seule association, mais bien une scène, multiple, protéiforme et surtout active.

Et la musique, les projections, les conférences, les performances, les workshops, il en est question où dans tout ça ? Ci-après, vous trouverez la programmation de cette foisonnante quinzaine. N’hésitez pas à écarquiller les yeux à sa lecture, n’ayez aucune honte, il y a quelques mois je ne connaissais pas la moitié de ces artistes. L’ambition d’affirmer l’existence d’une culture noise à Marseille ne saurait se contenter de programmer les têtes d’affiche du genre. Ici se côtoient, se mélangent, scène noise émergente et confirmée, locale et internationale.

Premier chapitre d’une aventure collective, Chhhhhut met en lumières le travail de fond de ces activistes, piliers d’une culture viscérale et furieusement indépendante.

Stefan Raffi

aka Mystic Punk Pinguin • www.liveinmarseille.com

En plus de réunir les structures marseillaises dans une programmation commune autour de la noise, le festival Chhhhhut s’inscrit pour sa première édition dans une double collaboration avec le festival varois F.M.I. (Musiques Insolentes) et le festival suisse L.U.F.F. (Lausanne Underground Film Festival). Ces différentes collaborations témoigne du désir d’élargir à la région et au-delà un travail de partenariat déjà engagé par Data et l’Embobineuse au cours des années précédentes, permettant tout aussi bien de recevoir des artistes internationaux inespérés à Marseille que d’exporter des artistes marseillais en Suisse. Au coeur de ces différentes coopérations se dessine la nécessité de constituer un réseau, comme un écho à l’existence du festival Chhhhhut.

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